Le CNRS est un frein à l'action climatique

Juillet 2019

J'ai écrit ceci en commentaire sur la vidéo (https://lejournal.cnrs.fr/videos/le-carburant-du-futur-sera-t-il-une-poudre-metallique#comment-1358)[Le carburant du futur sera-t-il une poudre métallique ?] du CNRS.

Le texte

J'aimerais exprimer mon désaccord avec le ton de cette vidéo.

Il y a une croyance très fortement ancrée dans la population, et qui est un réel frein à l'action climatique; c'est la croyance que la technologie va permettre de faire tout comme maintenant, mais de façon propre.

Vous devriez être beaucoup plus clair à ce propos : ce genre de technologies ne seront pas sur le marché avant plusieurs décennies (si même elles arrivent un jour). Or nous ne disposons pas de ce temps.

Autrement dit, cette histoire de poudre métallique ne change strictement rien aux décisions à prendre pour au moins 2020-2050.

L'objectif climatique de réduire de 60% les émissions planétaires d'ici 2050 doit être atteint sans recours à des technologies actuellement en labo; simplement parce que 30 ans entre le labo et l'industrie, est un délais très classique [2]. Ce qui est actuellement en labo pourra peut-être servir pour l'objectif de neutralité 2100.

Cette remarque est valable pour énormément de vos articles, qui donnent un ton de «solutionnisme technologique» très dommageable pour l'action climatique.

[2] La première pile à hydrogène a fonctionné en 1830; deux siècles entiers entre le labo et l'industrie.

Réponse

Une personne disant avoir travaillé sur le projet a répondu un exemple presque scolaire de langue de bois. Je cite

Bonjour Monsieur, J'ai travaillé sur ce sujet et il est vrai que les poudres métalliques ne sont pas pour demain car il y a un travail de recherche à faire conséquent que ce soit dans le domaine de la combustion mais également dans celui de la réduction des oxydes métalliques (ce que dit cette vidéo !). Les recherches menées en laboratoire sont prometteuses et l'objectif est d'offrir une autre alternative énergétique durable pour notre futur. Il faut évidemment du temps pour tout type de recherche mais l'expérience nous montre, à nous tous humain, qu'il ne faut pas miser sur un seul type d'énergie (cas du pétrole assez flagrant, non?). Il faudra un mix énergétique pour un avenir durable. Les poudres métalliques pourraient en faire partie... En tout cas sachez que cela intéresse de nombreux acteurs de différents secteurs industriels... Enfin, il faut du concret dans la recherche... mais sans l'imagination de l'homme et sa détermination à vouloir dépasser les idées préconçues nous n'en serions pas à ce niveau de technologie aujourd'hui.

Et ceci

Juste une précision: dans ce cas la réduction des oxydes métalliques n'émet pas du CO2 mais du CO... Le CO est valorisable... On peut notamment pourquoi pas faire du méthanol avec celui-ci (en ajoutant de l'H2 "propre" évidemment sinon cela n'a aucun intérêt) et on pourrait promouvoir 2 carburants en même temps, génial, non?

Et enfin

Bien sûr qu'il y a un décalage entre la recherche et l'application. Cela permet notamment d'être certain que le produit fini sera conforme aux normes (environnementales, sécuritaires...) et aux exigences des utilisateurs/consommateurs (enquêtes avant mise sur le marché...) . "Science sans conscience n'est que ruine de l'âme"

En bref

En bref, ce 'jpuig' qui répond ces trois messages n'a apparemment pas compris mon message principal : les poudres métalliques ne seront pas une réalité dans les pas de temps qu'il nous restent pour attaquer le problème climatique.

Or tout mon point est là : nous n'avons plus le temps de développer des nouvelles technologies pour les objectifs climatiques 2050.

Mot de passe

En créant mon compte, le CNRS a jugé que